le 19 mars 2022,

quelques semaines maintenant après le début de la guerre que la Russie a engagée contre l’Ukraine, et plusieurs rendez-vous précédents, nous nous sommes réunis pour faire le point sur nos positions – sur la possibilité même de prendre position, et les fausses positions, les positions faciles, celles qui n’engagent que les autres.

Inquiéter la base souveraine 

Jusqu’ici, nous avions partagé la sidération, la peur, la déception, la recherche d’information – des considérations essentiellement affectives et même des souvenirs. La guerre est arrivée dans le paysage de nos psychés, en plusieurs temps, soulevant des images et une charge qui venait de loin, jusque dans l’enfance de la guerre froide — en même temps que tout était différent. La guerre est arrivée à nous avec l’idée qu’elle n’arrivait pas de la même façon à celles et ceux qui sont en Ukraine, en Russie, en Pologne, aux USA et en France. Elle est arrivée, avec tout ce qui ne nous arrive pas encore, ou plus, ou s’annonçant comme le retour de quelque chose – un danger, une mémoire – qui était moins loin que ce que l’on croyait. C’est une chose très imposante, juste là dans un coin de la pièce, un éléphant ou un dinosaure, une créature historique qui produit des explosions dans nos téléphones. C’est un monstre dans lequel on se projette — et une véritable guerre, avec des armées, des combattants, des gouvernants, des assiégés, des réfugiés, un vocabulaire.

En parlant ce jour-là, nous avons épelé certains mots, remis de l’ordre entre nos souvenirs et du désordre dans nos écrans, transcrivant l’Histoire, la réalité – pour retrouver le fil d’une perspective politique, d’un cadre, d’une ligne, afin d’appréhender la situation.

Voilà ce qui se relate en ces lignes : une tentative de mise au point avec focus changeant, ne prétendant pas parler à la place de celles et ceux pour qui l’espace-temps de la guerre est immédiat, mais allant vers l’énonciation politique de ce qui nous semble exigible pour que la base souveraine de la guerre – capitaliste, nationaliste, éco-fasciste — puisse être un jour ne serait-ce qu’inquiétée.

Psychè /personnalité autoritaire

Il y a bien eu d’abord cette vague intérieure et historique, où l’on aura pu s’immerger, projetant des ébauches d’idées avec des corps d’affects bruts. Ce début était celui d’une distance mal réglée, où les mots se collent, où il faut traduire. Alors, comme chacun, nous avons postulé, traduit les discours, regardé les cartes, compté les heures.

Nous avons fait des cauchemars.

Les nazis sont revenus parmi les signifiants peuplant les rêves, et les enfants ont dessiné des centrales nucléaires endommagées. Les polarités pulsionnelles du monde se sont accentuées. La guerre a modifié toutes les vitesses libidinales du capitalisme en cours. Le problème énergétique s’est collé à la menace nucléaire. Le sol à l’explosion et à l’épuisement des ressources. Le territoire à la personnalité. Un homme malade — de pouvoir sans doute, donc de ne rien connaître de la vérité, ou atteint de dégénérescence physique, et qui semble vouloir soumettre le monde à ses caprices — à ses angoisses et ses phobies. Les gouvernants ont voulu se faire passer pour des infirmières psychiatriques sans avoir pourtant jamais bâti l’hôpital qu’il aurait fallu. Le danger s’est concentré sur le corps. On a pris soin de ne pas contrarier le tyran. On s’est demandé comment on en était arrivé là.

Il n’était pas question de politique exactement.

Car sous l’apparence du tyran capricieux, nostalgique d’un empire qu’il n’a pas connu et qui pourtant irrigue la veine mâle de son discours, la guerre prend la forme d’un abus archaïque, d’un crime où la race se fait gorge déployée. Il semble parfois qu’il n’y a rien à faire contre la puissance du racisme et son caractère inaltérable qui se gorge ici de persécution, dit-on. Car il se dit persécuté, le blanc de Moscou, et des blancs s’y retrouvent urbi et orbi avec leur invention d’un « racisme à l’envers », avec leur idée que c’est eux, les blancs, la minorité persécutée par les hordes de LGBTQ+, de personnes aux mœurs interlopes, de personnes Noires, de musulmans déguisés en 5ème colonne, et d’islamo-fascistes qui veulent leur faire la peau, à ces pauvres blancs. Confrérie des blancs qui n’ont plus pour privilège que celui de la terreur abjecte, le mensonge qui la justifie. Trump, Bolsonaro, Poutine : l’abjection élevée au statut d’un langage, condensé de l’esprit dégénéré qui compense son simulacre de foi par un fascisme technique (armé, policier, de censure, de contrôle, c’est selon).

Il faut par conséquent trouver des traductions politiques et porter la question de la guerre à un autre endroit. Car l’interprétation psychologique ne suffira pas là où le racisme est assuré ; nous savons qu’elle n’a pas suffi – et heureusement – à comprendre le nazisme : Poutine suit et produit un discours Eurasien portée par des figures instigatrices d’un russo-fascisme (Yvan Illyin, Alexander Dugin[1]). Les raisons économiques, géopolitiques, perfusent les raisons psychologiques qui s’y projettent, et s’en extraient des discours de race.

Vers une position

Il faut refaire de l’histoire et de la géographie.

Mais de l’histoire qui ne s’appellerait plus de l’histoire.

Et de la géographie qui ne s’appellerait plus de la géographie.

On s’aperçoit qu’on a fait reposer notre image du monde sur une autre image qui n’existe plus et qui n’a peut-être jamais existé. Chacun s’est réveillé dans la surprise d’un événement collectivement refoulé ; un événement, une situation géopolitique, un équilibre mondial de livres scolaires.

Territoire et population.

Il y a comme ça beaucoup de choses qu’on a mal appris. Qui nous ont été mal enseignées. Qu’il faut rebaptiser.

Il y a comme ça de nombreuses zones de déni dans la psyché collective. Des choses qu’on a mal entendues.

Que sait-on, par exemple, des « non-alignés » ?[2] Il faudrait pourtant revenir vers ce que ce mouvement composite des années 1960 et 1970 cherchait à dire de la paix, de l’auto-détermination, de la non-interférence et du désarmement. Apprendre à se désaligner avant de trouver une nouvelle ligne politique.

On se rappelle soudain Alep – ou enfin ça se symbolise – à cause de Kyiv/Kiev.

À Alep, des hommes regardent sur leurs téléphones des images de Marioupol et reconnaissent leurs propres ruines, leurs hôpitaux et leurs écoles bombardés.

Ce sont les mêmes armes russes et les mêmes images.

Ils se demandent pourquoi l’« Occident » bouge pour Marioupol et n’a rien fait pour Alep.

Il manque une explication.

Ils peignent des fresques sur les façades délabrées d’Alep en soutien au peuple ukrainien.

Il y a toujours des peuples, des résistants, des civils, des femmes et des dessins d’enfants.

Et pour nous encore un certain travail à faire — l’histoire de la différence entre ces images qui se ressemblent et notre participation, le sens de notre aide ici ou là, et de notre façon de nous rapporter à une guerre plutôt qu’à une autre, à une image de la guerre plutôt qu’à une autre.

Le sens de notre rapport à l’Europe par exemple ; le sens de la drôle de polarisation identificatoire à partir de laquelle les faits nous sont livrés, nous associant à une partie du monde pour nous couper de l’autre.

À quel endroit, à quel moment. À quel moment et par quel moyen suis-je et ne suis-plus européen.ne.

Et même encore ici, entre la Russie et l’Ukraine, tout ce que je projette qui n’a plus rien à voir.

C’est le premier effet de la guerre : il est rétroactif et mélancolique si on n’y prend pas garde — si on oublie que dans toute destruction il y a un conflit, et que ce que je crois voir et reconnaître n’a, en réalité, rien de semblable avec ce que je connais déjà.

Se rappeler Alep donc, ou en prendre conscience vraiment, pour la première fois : non pas pour minimiser Kyiv/Kiev (« pourquoi vous intéressez-vous à Kyiv/Kiev, alors que vous n’avez pas bronché pour Alep », entend-on), mais au contraire pour voir les deux ensemble et changer l’histoire et la géographie de telle sorte qu’elles s’extraient de leurs bornes nationales, de leurs frontières géo-mentales.

Il y a donc ici comme pour d’autres choses tout à refaire, apprendre, s’instruire.

Les schèmes « occidentaux » sur lesquels repose notre compréhension du monde ont encore révélé leur insuffisance et leur inanité – en retour, c’est l’intellectuel dit « occidental », c’est le philosophe déclaré « occidental » aussi, qui révèle sa vanité (malgré lui, parce qu’il pensait savoir, connaître quelque chose, et pouvoir juger). Il ne peut plus être seulement question de savoir de quel côté on se place – mais comment on a pensé les choses jusqu’ici.

Il est étonnant d’ailleurs de voir à quelle vitesse le mot occidental est revenu à côté du mot Europe – comme si, face au nationalisme de Poutine, on ne trouvait rien de mieux que de promouvoir le mort-vivant de l’occidental, opposant un nationalisme à un autre, une identité à une autre. La position occidentale – Césaire l’a dit – mène au nazisme, par quelque bout qu’on la prenne.

Défendre l’occident, ce bain de sang, n’est pas défendable. Et il faudra apprendre à déposer les idées qui nous empêchent de penser, enterrer les mots morts pour qu’ils puissent éventuellement ressusciter sous une autre forme, afin d’aller vers une position qui tienne.

On nous monde / nous, on monde

Comment passer du « on » au « nous », sans que le « nous » oublie le « on » qui parle en lui, sans se rabattre sur le « on » mais sans oublier son murmure – sans pourtant faire surgir un je/nous trop articulé.

« On » : la guerre, comme d’autres événements (ainsi la pandémie) soulève et s’appuie sur des mécanismes psychiques collectifs autant que sur des mauvaises informations et des vrais mensonges d’État.

En se détachant peu à peu de la massivité imaginaire de cette image immémoriale de la guerre, on se demande où est la vérité ; et ce que révèle la possibilité de la guerre nucléaire.

On se demande ce qui nous a été caché ; ce que l’on n’a pas voulu savoir.

Tout ce que l’on ne veut pas savoir, pas voir.

Dans cette introspection, où se mêle la colère d’une insuffisance philosophique (ce que nous n’avons pas pensé, pas réussi à penser), on rencontre des spectres autant que des agents et des formes absolument inédites de la guerre. Mais les spectres nous donnent des directions qu’on ne peut pas suivre jusqu’au bout.

L’introspection se retourne en inspection de l’image du monde, qui s’avère obsolète. Car il n’est plus depuis longtemps quelque monde réel relativement stable, relativement polarisé, relativement contenu sur lequel chacun pourrait projeter ses prochaines heures de vie possibles sur Terre. Ce monde et son langage politique dans lequel la guerre et la force nucléaire sont inhibées, refusées par principe, n’a jamais véritablement existé. On s’est contenté de croire que la menace nucléaire n’existait plus.

Tout ce que l’on ne veut pas savoir, pas voir. Il faudra se demander.

Il faudra se demander pourquoi les humains – pourquoi nous avons toujours autant besoin de croire à l’assurance d’un monde qui tient. Il ne nous appartient pas de juger de cette crédulité, de cette ignorance, de cette sorte d’aveuglement amoureux qui pousse l’humanité à croître et à croire ; c’est sa condition, son idéal, sa merveille, son drame.

Il faut faire un effort pour créer les conditions de cette merveille hors de l’illusion et du mensonge de la sécurité des États.

Là où le manque de sécurité abonde, une certaine forme de prise de risque devrait surabonder (mais pour qui, comment, avec quelle assistance, quelle possibilité de se reproduire – verbe à entendre à tous les sens du terme : se répéter, se reconstituer, durer).

Et donc la guerre revient. Elle revient – tautologie fatale, déroutant la fameuse formule de Clausewitz aussi bien que son renversement (la guerre qui continue la politique par d’autres moyens, ou la politique comme poursuite de la guerre autrement) – à la façon d’une guerre qui continue la guerre par d’autres moyens. Alors on s’aperçoit non seulement que les gouvernements et l’équilibre mondial se soutiennent d’un mensonge historique (on pourrait presque dire historial) mais que ce mensonge paraît nécessaire à l’illusion de la civilisation ; à notre survie ; à notre envie de vivre.

Que serait le désir absolu de vivre sans vouloir survivre ? est-il possible, même souhaitable, d’éviter cette question de la survie ? (on pensera, non sans réserve, à la manière dont le philosophe Hans Jonas voulait faire de la nécessaire maintenance d’une « essence » humaine la condition d’un nouvel impératif catégorique) ? mais peut-on valoriser la survie comme telle, par-dessus tout, sans s’identifier à ce que Nietzsche nommait « le dernier homme », celui qui cherche avant tout à vivre le plus longtemps, à s’éterniser ?  peut-être que la survie n’est souhaitable, désirable, impérative, que quand elle est la promesse de ce qui peut, toujours et encore, la contester – et il y aurait alors à compter avec la vie, la survie, et ce qu’il faudrait peut-être nommer la contre-vie : une énonciation politique, une proposition d’existence, un art de faire de l’occasion de la vie la création de ce qui objecte à s’y réduire.

L’illusion d’un (sur)vivre arrive de toute façon à son terme, par la menace écologique déjà, depuis longtemps désormais on le sait ou on ne peut plus ne pas le savoir. Et par la guerre à laquelle on se réveille un matin ; on se souvient brutalement des faits, des informations, des détails concernant des pays lointains qu’on a mal écoutés. On ne comprend plus très bien désormais l’histoire qu’on s’était racontée ; on ne sait pas où les gens sont – et surtout on réalise qu’on ne sait pas où les gens étaient. On n’avait pas la bonne carte du monde – on est globalisé, mais en fin de compte on n’avait pas même la carte du monde. Pas sa géographie mais pas même son histoire – car l’histoire vue de l’Inde, de la Chine, de Russie, de Croatie, d’Alep et de Bagdad, toutes ces histoires que la guerre fait apparaître en brisant l’écran de l’Histoire, qui avait en définitive plusieurs traditions de vainqueurs et plusieurs espèces de vaincus.

Politique : la guerre ou la révolution

Que faire, comment penser ce « que faire ? » ?

Des tribunes circulent, depuis les premiers jours de la guerre, pour défendre l’Ukraine et le peuple ukrainien. La fraternité est la première réponse à l’angoisse nucléaire, les processus identificatoires avancent avec une évidence redoutable – et en 24h chacun peut donner son avis sur la distribution des armes et des punitions.

Chacun devient en quelques secondes un diplomate ou un combattant, avatar semblant propulsé hors de la sphère virtuelle pour ne survivre que quelques secondes parfois – ce qu’on ne confondra pas avec celles et ceux qui sont vraiment (partis) en Ukraine pour combattre.

On s’imagine un peuple, on régresse aux formes de pensée politique les plus substantielles – un peuple, une nation, contre une autre nation, contre un autre peuple. Ces processus semblent avoir le mérite de mobiliser et de sortir chacun du grand sommeil géopolitique, mais il faudra ne pas trop tarder à analyser leur évidence, leur massivité : car elles nous font passer d’un sommeil à un autre, d’un rêve de survie à un rêve de mort. Il s’agit – même si c’est compliqué – de résister à l’identification massive et à la protection que les États prétendent subitement s’apporter.

Qu’est-ce qui est en jeu, par exemple, dans le fait de prendre en charge, ou non, la responsabilité de fournir des armes ?

La seule garantie philosophique, on pourrait dire, ou peut-être directement politique – est de ne pas cesser de penser avec les outils qui sont les nôtres initialement, et dans les perspectives qui sont les nôtres initialement – les penser jusqu’à l’inactualité folle de l’alternative de la guerre et de la révolution.

Penser alors que la révolution est le seul horizon (lointain, errant, troublé, queer) pour considérer la guerre et la place qu’on y prend et la place qu’on lui donne dans le monde comme il est.

La perspective internationaliste devra être l’angle sous lequel on considère l’engagement et l’identification au combattant. Mais l’internationalisme n’est pas celui dont certains parlent aujourd’hui en parlant de liens entre États-nations plus resserrés, de plus d’Europe voire de plus d’OTAN. L’internationalisme est pour nous celui qui à la fois descend en-dessous des identités nationales, et en même temps dépasse ces dernières, il à la fois infra- et supra-national (communal et planétaire).

Pour nous, ce rapport de la guerre à une lutte, à un mouvement international (sous toutes ses formes : communistes, féministes, zappatistes, décoloniales) existant, est à la fois la garantie d’une autonomie existentielle des gens, d’un horizon – et une limite :

1) La limite. Il suppose des choses que nous ne pouvons pas dire, que nous allons nous interdire de dire, il suppose de distinguer entre les questions qui sont les nôtres et celles qui ne le sont pas. Penser à partir d’un horizon révolutionnaire, internationaliste, est le seul moyen de ne pas se mettre, en pensée, à la place de l’État : quoi de plus odieux, de plus obscène, que ces philosophes qui parlent comme des ministres, expliquant la marche à suivre, les bonnes bombes à envoyer, les bonnes mesures politiques à prendre « sans faire de dissertation », quoi de plus honteux que ces personnes, journalistes, individus troquant leur subjectivité contre le confort de l’État dont ils seraient la métonymie éclairée ?

Or il n’est pas possible de passer du « on » au « nous » sans risquer un « je » qui ne savait pas ce qu’il y avait à décider. Sans ce risque à distance de la structure (l’État, les concepts prêts-à-l’emploi, le capitalisme comme matrice de militantisme, etc.), on ne peut que nourrir et saturer le on patriotique, national, « occidental », etc., au lieu de se décider.

2) L’autonomie existentielle. Car c’est en ces moments dangereux, quand tout bascule, pourrait basculer plus encore, quand on peut apprendre à repenser les cartes et les histoires, qu’il est impératif de vouloir autre chose, vouloir autre chose derrière les choses telles-qu’elles-sont, telles-qu’elles-ont-été, telles qu’il aurait mieux fallu qu’elles fussent.

C’est notablement que parmi les penseurs Russes de l’Eurasianisme, de la « quatrième théorie politique » (Dugin), d’un fascisme Russe (Ilyin), il y aussi des révolutionnaires, mais pas internationalistes, qui déclarent que les technologies sont l’ennemi principal, qui imaginent de nouvelles configurations géopolitiques, et semblent bien en avance sur notre pauvreté de perspective politique. Sachons leur opposer des communismes traversant les frontières nationales au lieu de seulement produire des localités ancrées dans le sol ; des personnes capables de porter en elles leur propre mort au lieu de se croire seulement vivant(e)s ou – de l’autre côté de ce clivage – seulement aptes à vouloir détruire ; des alliances queer au lieu d’identités cadenassées ; des radicalités non-blanches au lieu des restaurations nationalistes ; des avancées révolutionnaires là où, comme le disent certain(e)s, il n’est même plus temps pour l’écologie.

C’est avec cette alliance-là que l’on pourra inquiéter la base souveraine qui, du cœur des États-nations, du capitalisme, de la mission Blanche, de la male violence, conduit immanquablement à la guerre.

M.G. et. F.N.

[1] Cf. Santiago Zabala et Claudio Gallo, « Putin’s philosophers: Who inspired him to invade Ukraine? » in Aljazeera, 30 mars 2022.

[2] Cf. « The Afterlives of Non-Alignment – Paul Stubbs in conversation with Srećko Pulig » in Alienocene, Stratum 11, mars 2022 (https://alienocene.com/2022/03/30/the-afterlives-of-non-alignment/).

3 thoughts on “le 19 mars 2022,

  1. “Qu’est-ce qui est en jeu, par exemple, dans le fait de prendre en charge, ou non, la responsabilité de fournir des armes ?”, demandez-vous.

    Dans Libération aujourd’hui:

    « Quant à l’affirmation de l’ambassadeur russe, pour qui le témoignage rapporté par Meduza raconterait «les forces armées ukrainiennes sont coupables de la plupart des violations», elle n’est pas étayée par l’article. Au contraire, Kateryna Ukraintseva raconte principalement que la ville de Boutcha n’était pas préparée à la guerre et que les forces armées ukrainiennes n’y ont pas été déployées : «Il n’y avait personne dans la ville – les gens la défendaient eux-mêmes. Ce n’était même pas les forces de défense territoriale, ce n’était pas une formulation officielle. Techniquement parlant, nous n’avions pas de forces de défense territoriale ; tout ce que nous avions, c’était des gens qui décidaient de s’unir.» Elle précise qu’une fois la ville prise par les Russes, «tous ceux qui sont restés dans la ville occupée ont aidé les forces armées comme ils le pouvaient». En aucun cas, elle n’affirme que l’armée ukrainienne est à l’origine des civils tués à Boutcha ».

    https://www.liberation.fr/checknews/comment-le-representant-russe-au-conseil-de-securite-de-lonu-a-tronque-un-temoignage-a-propos-du-massacre-de-boutcha-20220407_WCUZZZAJYVGDTMTMRVBXNHFGMY/

    Ici, on parle de piège de la souveraineté, là du refus de considérer désormais le “peuple” (ça pue le peuple maintenant), ou encore de se réclamer de la communauté de ceux qui n’ont pas de communauté…

    Ne trouvez-vous pas que les radicaux esthètes du négatif parlent souvent la bouche pleine?

    Face à une guerre d’agression, fuir le pays ou choisir de ne pas prendre part aux combats n’a rien de déshonorant à une seule condition: de ne pas cracher à la gueule de ceux qui décident de rester pour affronter, l’arme à la main, non?

    P.

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